BMW dessine le futur de l’hybride rechargeable

BMW Série 3 hybride rechargeable

BMW Série 3 hybride rechargeable

Faire son trajet domicile-travail quotidien en mode électrique, mais pouvoir partir en vacances avec la même voiture sans craindre la panne de batterie : les hybrides rechargeables incarnent incontestablement l’avenir proche de la mobilité. Reste que si bon nombre de constructeurs en proposent déjà à leur catalogue, ce n’est pas le cas de BMW. Mais, malgré ce retard, la marque de Munich voit déjà plus loin…

L’histoire retiendra que c’est Chevrolet qui a dégainé le premier une hybride rechargeable avec sa Volt, suivie quelques mois plus tard par sa cousine l’Opel Ampera. Puis Toyota a décliné sa Prius sur le mode « plug-in », tandis que l’Audi A3 Sportback e-tron et la Volkswagen Golf GTE suivaient, avant la Mercedes S 500 Plug-in Hybrid. Bref, parmi les grandes marques, BMW reste l’un des derniers à ne pas proposer son propre modèle.

Chevrolet Volt

Chevrolet Volt

Que l’on se rassure, la marque munichoise y travaille. Elle multiplie même les prototypes dévoilés au public (pour le faire saliver ?). Le premier d’entre eux, le Concept X5 eDrive, fut présenté à Francfort en 2013. Il offrait alors 272 ch de puissance cumulée, une autonomie de 30 km en mode tout électrique, et une consommation normalisée de 3,8 l/100 km, soit 90 g/km de CO2. « Bien, mais pas top », comme on dit.

BMW Concept X5 eDrive

BMW Concept X5 eDrive

Plus récemment, c’est une Série 3 partiellement emmaillotée de camouflages qui a été dévoilée. Cette fois, la puissance est plus modeste (245 ch, avec tout de même 400 Nm de couple), mais les chiffres de consommation et d’émissions sont plus attrayants : 2 l/100 km (toujours sur le fameux cycle NEDC) et 50 g/km de CO2. Au passage, l’autonomie électrique passe à 35 km.

BMW Série 3 hybride rechargeable

BMW Série 3 hybride rechargeable

Preuve que l’on se rapproche d’une commercialisation (même si aucune date n’a été annoncée), le moteur électrique et l’électronique de puissance sont dérivés de ceux des BMW i3 et i8. Située sous le coffre, la batterie lithium-ion réduit le volume de chargement, mais la banquette reste rabattable.

BMW Série 3 hybride rechargeable

BMW Série 3 hybride rechargeable

Enfin, outre les désormais classiques modes Confort, Sport et Eco Pro, la Série 3 hybride rechargeable ajoute les « eDrive » (électrique seul) et « Save Battery » (qui maintient la charge des accumulateurs ou l’augmente si elle est inférieure à 50 %). Et le système hybride optimise son fonctionnement en suivant les informations du GPS (dénivelé, limitations de vitesse, infotrafic)… à la manière d’une Mercedes S 500 Plug-in Hybrid. Tout ceci est bel et bon, mais guère révolutionnaire.

BMW Série 3 hybride rechargeable

BMW Série 3 hybride rechargeable

Mais le plus intéressant, c’est ce que BMW annonce pour la suite ! La firme nous promet en effet une stratégie « d’électrification poussée » avec la technologie « Power eDrive ». Dans ce futur – qui dépendra de l’évolution à la baisse du coût des batteries – on double la capacité des ces dernières, ce qui permet d’augmenter la puissance du moteur électrique.

Démonstrateur BMW Power eDrive

Démonstrateur BMW Power eDrive

Objectif : augmenter la part de l’électrique dans la propulsion effective afin de rouler le plus souvent possible en mode « zéro émission ». En clair, si les hybrides actuelles utilisent la puissance électrique pour assister le moteur thermique, à l’avenir, ce sera exactement l’inverse : le bloc thermique ne viendra qu’en complément du moteur électrique, qui pourra fournir à lui seul les deux tiers de la puissance totale.

Démonstrateur BMW Power eDrive

Démonstrateur BMW Power eDrive

BMW affiche d’ailleurs des chiffres très impressionnants, puisque la puissance cumulée d’un véhicule équipé de l’hybridation Power eDrive pourra atteindre 500 kW, soit… 680 ch ! À titre de comparaison, la BMW M5 actuelle se « contente » de 560 ch. Pour alimenter ces nombreux canassons, la capacité des batteries atteindra 20 kWh, soit un peu moins qu’une pure électrique comme la Renault Zoe (22 kWh), mais nettement plus que les hybrides rechargeables actuelles, comme l’Audi A3 Sportback e-tron (8,7 kWh). Du coup, l’autonomie en mode tout électrique sera d’une centaine de kilomètres.

Démonstrateur BMW Power eDrive

Démonstrateur BMW Power eDrive

L’architecture mécanique risque également de pas mal dérouter les aficionados de BMW. En effet, si le moteur électrique le plus puissant sera installé à l’arrière et entraînera les roues postérieures, le bloc thermique et un deuxième moteur électrique situés sous le capot actionneront les roues avant. À la manière d’une i8, les BMW Power eDrive du futur seront donc, suivant les cas, propulsions, intégrales, voire tractions ! Il vous reste encore quelques années pour vous habituer à cette révolution culturelle…

7 réflexions au sujet de « BMW dessine le futur de l’hybride rechargeable »

  1. Si ce type de véhicule se développe (plus quelque voitures électriques) réellement, il faudra choisir de nouveaux sites pour installer les nouvelles centrales nucléaires électriques nécessaires à l’alimentation de tous ces véhicules. 3.000 de ces véhicules hybrides demandent au réseau électrique une puissance égale à celle d’une ville de plus de 100.000 habitants. Heureusement que le succès n’est pas encore là. Il faudrait investir pour modifier et développer le réseau électrique. En France, nous avons 32.000.000 de véhicules particuliers. Supposons que seulement 10 % deviennent de ce type de véhicule (= 3.2000.000), cela provoquerait une surconsommation électrique sur le réseau électrique équivalent à (3.200.000/3.000) x 100.000 = 106.666.667 habitants, donc il faudrait presque tripler la capacité de notre réseau électrique; Est-ce raisonnable, cela ferait certainement exploser le prix de l’électricité (surtout si l’uranium dont nous ne disposons pas sur notre territoire voyait son prix flamber). Retombons les pieds sur terre!

    • Est-ce mieux de se reposer sur un carburant dont on sait les ressources limitées à moyen terme, dont le prix augmentera à court terme, plutôt que de chercher à investir dans des ressources renouvelables ?

    • « 3.000 de ces véhicules hybrides demandent au réseau électrique une puissance égale à celle d’une ville de plus de 100.000 habitants » => Voilà qui fait peur, mais qui n’est pas juste ou alors faut être plus précis! s’agit-il d’une consommation instantanée avec quel type de charge? Je possède un véhicule électrique qui peut charger à 43kW… mais chez moi, je ne peux charger qu’à 3kw, soit 2 radiateurs électrique… donc loin de la consommation équivalente de 33 habitants comme vous l’affirmer. De plus d’un point de vu financier, je charge mon véhicule en heure creuse… ce qui coïncide avec des creux de consommation an niveau d’ErDF… donc là aussi le risque de tout saturer reste limité… Quant aux 32 millions de véhicules électriques, il ne faut pas rêver, vu l’autonomie actuelle, elle s’adresse principalement à des foyers qui ont à minima 2 véhicules (même si j’en connais qui n’ont que du VE), se qui au mieux divise le nombre de véhicule possible par 2, mais dans la réalité beaucoup plus, car beaucoup de foyer n’ont qu’une seule voiture. Bref avant de tirer à boulet rouge sur les millions de VE, pensons un peu à nos poumons gavés de Nox et autres particules et réjouissons nous de voir quelques dizaines de milliers de véhicules électriques.

  2. Pour parler du sujet, il y a un truc qui me gène sur les hybrides, c’est le poids embarqué pour avoir 2 systèmes de propulsion. Serte on gagne en polyvalence, mais on est toujours obligé de « promener » un système de propulsion non optimal. L’idéal n’est-il pas un VE pour faire les 20km quotidien (moyenne nationale) et une location de véhicule thermique adapté pour les vacances (maximum 3 semaines par an) ?

  3. Juste une remarque sur l’hydrogène.
    Pour le produire, il faut de l’électricité donc des centrales électriques… Et pas n’importe lesquelles puisque, si mes souvenirs sont bons seules l’EPR peut le produire à des rendements acceptables…
    Donc, de mon point de vue, l’hydrogène est une solution non viable, ce que BMW a bien compris en stoppant sa R&D dans ce domaine après quelques prototypes. (Le dernier devait être une série 7, également si mes souvenirs sont bons)

  4. De toute façon à l’heure actuelle aucune énergie n’est viable pour remplacer le pétrole. L’electrique, peu d’autonomie mode de production et de recyclage non écologique. Pour l’hydrogène il faut du pétrole ou du gaz.Et puis faire du biocarburant avec des céréales ou je ne sais pas quoi, impensable ou dans un monde il y a un risque de pénurie alimentaire.
    Pour trouver une vrai alternative, les constructeur devrait travailler ensemble au lieu d’essayer des trucs chacun de son coté.

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