Ça roule pour la voiture connectée !

Voiture communicante

Voiture communicante

Si les smartphones sont largement démocratisés, nos voitures restent encore fort peu connectées. Mais cela va changer, au bénéfice de la sécurité et de l’environnement.

Dans le temps, une voiture était un objet exclusivement mécanique : un moteur, une boîte de vitesses, quatre roues et une carrosserie pour habiller le tout. L’électronique s’est d’ailleurs longtemps résumée… à l’autoradio. Mais les puces ont progressivement élargi leur emprise. D’abord en prenant le contrôle du moteur (allumage transistorisé, calculateur ECU intégral), puis des freins (ABS), puis du châssis (ESP, suspensions pilotées…) avant de coloniser l’habitacle (info-divertissement, interfaces tactiles…). Nous entrons désormais dans l’ère de la connectivité.

Pour l’instant, même les modèles les plus sophistiqués sont avant tout récepteurs d’informations. Notre GPS reçoit des données sur le trafic ou des mises à jour de sa cartographie par connexion 3G/4G. Les systèmes d’info-divertissement proposent des applications météo ou de la musique en ligne. Mais les voitures de demain seront également émettrices d’informations !

Les GPS modernes peuvent déjà mettre à jour leur cartographie par connexion 3G/4G.

Les GPS modernes peuvent déjà mettre à jour leur cartographie par connexion 3G/4G.

Un exemple ? Vous roulez à 130 km/h sur autoroute et vous approchez du sommet d’une côte. D’un seul coup, une alerte retentit et un message s’affiche au tableau de bord vous incitant à ralentir à cause d’un danger. Pas de réaction de votre part ? La voiture effectue d’elle-même un freinage d’urgence. Passé le sommet de la côte, vous découvrez qu’un embouteillage s’est produit en contrebas suite à un accident. Grâce aux informations diffusées par les véhicules coincés dans l’embouteillage, votre voiture l’a « vu » bien avant vous, et a évité de provoquer un dramatique suraccident. On appelle cela le « Car to X » : la voiture qui communique. Soit avec d’autres véhicules, soit avec l’infrastructure. Son ESP se déclenche ? Elle enverra un message comme quoi la route est glissante. Les essuie-glaces sont activés ? Elle transmettra une alerte pluie aux véhicules passant après elle.

Un danger ou un obstacle sur la route ? Votre voiture le signalera aux autres véhicules.

Un danger ou un obstacle sur la route ? Votre voiture le signalera aux autres véhicules.

Communiquer avec l’infrastructure apporte également de nouvelles fonctionnalités. Il devient possible d’être informé en temps réel des limitations de vitesse variables (ces tronçons qui sont limités à 130 km/h en règle générale, mais à 110 ou 90 à certaines périodes). Mais le « Car to X » permet également de surfer sur « l’onde verte » ! Non, l’onde verte ce n’est pas un nouveau parti écologiste, mais le fait de rouler à la vitesse pour laquelle une série de feux tricolores est synchronisée… et de tous les avoir au vert. Aujourd’hui, à moins de savoir pour quelle vitesse ces feux sont accordés, cela relève du coup de chance. Mais demain, cette information pourra être transmise par l’infrastructure à la voiture. Ainsi, sachant dans combien de secondes le prochain feu passera au vert, l’auto pourra vous recommander une vitesse à ne pas dépasser afin d’être sûr de ne pas avoir à vous arrêter. C’est bon pour le stress, mais aussi pour l’environnement : éviter ces arrêts et redémarrages inutiles permettrait de réduire la consommation d’environ 15% en ville !

À l'avenir, les voitures communiqueront avec l'infrastructure afin de connaître la temporisation des feux tricolores.

À l’avenir, les voitures communiqueront avec l’infrastructure afin de connaître la temporisation des feux tricolores.

Mais pour communiquer ainsi, il faut pouvoir établir une liaison fiable, stable et de débit élevé. Les technologies 4G et 4G+ autorisent des débits pouvant atteindre 100 mégabits par seconde dans un véhicule en mouvement, et c’est déjà pas mal. Reste que l’on reste dépendant du réseau d’un opérateur afin de pouvoir envoyer des messages d’alerte. Dans une zone dépourvue de couverture (tunnel, régions peu peuplées), en revanche, la voiture ne peut plus émettre et tous ces systèmes d’alerte deviennent inopérants. C’est pourquoi les constructeurs et les fournisseurs de connectivité travaillent sur une évolution de la 4G, baptisée « LTE-V ». Le principe : les modules compatibles peuvent directement communiquer entre eux à faible distance (1 ou 2 kilomètres), même dans des zones non couvertes par les opérateurs. En outre, ce type de connexion « ad hoc » autorise des temps de latence particulièrement faibles, ce qui représente un vrai avantage pour des alertes de sécurité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *