Sécurité routière : ce qui change en 2020

Plus que jamais considérée comme une cause primordiale, la sécurité routière profite, ou profitera dans les prochains mois, d’une salve de nouvelles mesures. Mais toutes vont-elles se montrer efficaces ?

Un bilan qui s’améliore sur le long terme

Il y a tout juste 20 ans, au tournant du siècle, 8 170 personnes avaient trouvé la mort sur les routes françaises. En 1972, année « record » en la matière, ils étaient deux fois plus nombreux (16 545). De tels chiffres semblent aujourd’hui, et c’est tant mieux, inconcevables. L’année qui vient de s’achever n’aura compté « que » 3 239 décès sur les 1 103 451 km que compte le réseau routier public de l’Hexagone, DOM-TOM inclus. Ce résultat indique une baisse de 7,1% par rapport à 2018, de 60,3% par rapport à 2000 et de 80,4% par rapport à 1972. Il n’en reste pas moins que ces données sont intolérables et que trop de familles restent, chaque année, endeuillées. Les différents gouvernements qui se succèdent n’ont donc de cesse que de continuer à le faire baisser avec un objectif avoué : passer rapidement sous la barre des 2 000 morts à l’année. Malheureusement, ce bilan est très (trop) souvent imputé à la vitesse. C’est ce qui avait conduit, par exemple, la Premier Ministre actuel, Edouard Philippe, à décréter le passage à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur tout le réseau secondaire au 1er juillet 2018. Une mesure aujourd’hui largement contestée et qui a, de fait été notablement assouplie.

Comme chaque année, 2020 s’accompagnera de toute une série de mesures visant, directement ou indirectement, à améliorer la sécurité routière. C’est du moins ce que prétendent nos dirigeants. Mais si certaines s’avèrent pertinentes, d’autres ne seront probablement qu’un coup d’épée dans l’eau.

Les mesures directes

Radars : toujours plus
Environ 500 « flasheurs » supplémentaires sont prévus pour cette année. La plupart d’entre eux appartiendront au genre tourelle. Perchées sur un mat de 2,60 m, ces cabines d’un nouveau genre devraient être 1 200 sur les bords des routes françaises d’ici à la fin de l’année. Certaines seront de nouvelles implantations, tandis que d’autres remplaceront certaines des cabines « ancien modèle » vandalisées pendant l’épisode des gilets jaunes. Petite astuce, sans doute destinée à ne pas faire exploser le budget installation, une partie de ces cabines ne sera qu’une coquille vide. Comprenez par-là que leur coque ne contiendra pas de radar. Mais pas question de s’habituer à ces leurres : ces faux-radars seront tournants. Une tourelle vide le lundi pourra donc être pleinement active le mardi, et inversement. Surprise supplémentaire, les véhicules photographiés en excès de vitesse seront également soumis à une vérification de la validité de leur assurance. Pour un défaut constaté une première fois, l’amende sera de 750 euros. Enfin, le parc de voitures-radars, les fameux mobiles-mobiles, sera privatisé dans 8 régions contre une seule, la Normandie, à ce jour. Ce sont donc plus de 200 véhicules qui seront aux mains d’entreprises avides de rentabilité. Au passage, sachez que plusieurs dizaines de nouveaux véhicules destinés à cet usage viennent d’être acquis. Et pour brouiller les pistes, il s’agit de modèles non encore présents dans ce parc : Seat Leon ST, Skoda Octavia Combi…

Téléphone au volant : un durcissement insuffisant
Les conducteurs verbalisés pour son usage en même temps que pour un dépassement de la vitesse autorisée et/ou une infraction aux règles de croisement, de dépassement ou de priorité pourront écoper d’une suspension de permis pouvant aller jusqu’à 6 mois.

90 km/h : un retour timide
Sur le papier, les Conseils Départementaux peuvent revenir à l’ancienne limitation de vitesse. Dans les faits, le Premier Ministre leur a tellement fait la leçon quant à leur responsabilité si la mortalité augmentait dans leur département que bien peu s’y risquent. Nous y reviendrons en détail dans un prochain dossier.

Permis moto : plus difficile à décrocher
De nouvelles épreuves de plateau arrivent, conjuguées à un examen de conduite qui passe à 45 minutes et à l’arrivée d’un Code spécifique. Devenir motard sera plus compliqué mais vu les chiffres d’accidentologie les concernant (ils ont 22 fois plus de risques de mourir sur la route qu’un automobiliste), cette sévérisation va plutôt dans le bon sens.

Sécurité Routière : nouveau slogan
Le « Vivre, ensemble » remplace le « Tous responsables ». Une astuce de communication à l’effet sans doute nul.

Les mesures indirectes

Malus écologique : des hausses qui changeront les comportements
Avec deux nouveaux barèmes cette année et un abaissement du seuil à partir duquel il faut s’en acquitter, le malus a fortement été sévérisé cette année. Ce sont presque exclusivement des modèles thermiques, même de taille et de puissance raisonnables, qui ont été impactés… et renchéris. Ces hausses devraient inciter certains automobilistes à passer à l’hybride, voire à l’électrique. Le lien avec la sécurité routière ? Le taux d’accidentologie de ces deux derniers types de voitures est moins élevé que celui du premier car ils incitent inconsciemment à une conduite plus douce.

Hausse du prix des péages : report sur le réseau secondaire
Conformément à ce que leur permettent leurs contrats d’exploitation, les sociétés d’autoroute ont augmenté le prix des péages au 1er février dernier. Si la hausse est plus mesurée qu’en 2019 (+0,85% contre +1,86%), le coût prohibitif de certains tronçons pourrait inciter des automobilistes à utiliser le réseau secondaire, bien plus accidentogène que le grand ruban bleu.

Augmentation des primes d’assurance : pousse-au-crime
Sous prétexte de sinistralité et de coût des réparations en hausse, la plupart des compagnies et mutuelles d’assurance auto ont revu leur tarif cette année. Comptez, en moyenne, entre +1% et +2%. Cela ne fera qu’augmenter le nombre de conducteurs circulant sans cette couverture obligatoire avec, à la clé, une hausse probable du nombre de délits de fuite après un accident.

Publications des taux de réussite des auto-écoles : des conducteurs mieux formés
Dans le courant de l’année sera mis en ligne un site officiel détaillant les informations importantes à connaitre avant de s’inscrire dans une auto-école. Le taux de réussite en fera partie, ainsi les tarifs, le nombre moyen de leçons par élève avant l’obtention du carton rose ou encore le délai moyen entre deux présentations à l’épreuve pratique. C’est surtout la première information qui sera importante. On peut, en effet, déduire qu’une auto-école où les élèves réussissent mieux que dans une autre est une auto-école qui dispense une formation de meilleure qualité et « met sur la route » des automobilistes plus chevronnés.

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