La supercar 100 % électrique a-t-elle un futur ?

Mercedes Benz SLS AMG Electric Drive

Mercedes Benz SLS AMG Electric Drive

La voiture électrique n’a pas bonne presse : elle est sans cesse conspuée pour ses performances médiocres, son autonomie trop faible, la lenteur de ses recharges ou son prix souvent trop élevé. Du coup, une poignée de constructeurs cherchent à lui redonner des lettres de noblesse, en déclinant le concept de supercar à la sauce électrique. Audi, Mercedes ou encore le Français Exagon se sont lancés dans l’aventure… avec plus ou moins de bonheur. L’annonce surprise du retrait du projet R8 e-tron a sonné comme un brutal rappel à l’ordre : y’a-t-il vraiment un marché pour la supercar 100 % électrique ?

Le projet était arrivé à son terme, dix prototypes avaient été produits afin de valider l’auto en conditions réelles d’utilisation. La commercialisation devait être imminente. Mais patatras : en janvier dernier, Audi annonçait la mort dans l’âme l’abandon du projet R8 e-tron, après que 10 prototypes roulant aient été construits.

Les 10 prototypes Audi R8 e-tron produits.

Les 10 prototypes Audi R8 e-tron produits.

L’auto était pourtant particulièrement aboutie. Malgré son apparente similitude avec les R8 classiques, elle ne partage en réalité que très peu d’éléments avec les versions thermiques. La coque emploie massivement la fibre de carbone (la R8 classique est en aluminium), avec un bloc de batteries faisant office de composant structurel assurant la rigidité de la caisse. Cette architecture est destinée à compenser le poids élevé des batteries. Mais malgré cette conception (et la recherche permanente d’allègement, comme l’illustrent les ressorts hélicoïdaux en polymère renforcé à la fibre de verre), la voiture pèse tout de même 1 780 kg à vide.

Le caisson de batterie de l'Audi R8 e-tron fait office de composant structurel.

Le caisson de batterie de l’Audi R8 e-tron fait office de composant structurel.

Heureusement, grâce au punch des deux moteurs électriques installés à l’arrière (oui, cette Audi est une propulsion !), les performances sont excellentes : les 380 ch et 820 Nm de couple propulsent la R8 e-tron de 0 à 100 km/h en 4,2 secondes. Pour éviter d’épuiser trop vite les batteries, la vitesse maxi est cependant limitée à 200 km/h (215 km d’autonomie selon le cycle européen).

Audi R8 e-tron

Audi R8 e-tron

Tout ceci est bien beau, mais également fort cher. Si Audi n’a communiqué aucun tarif indicatif de cette R8 e-tron, il semblerait que le coût des batteries ait été tout simplement prohibitif. Selon les déclarations de Wolfgang Dürheimer, ex directeur R&D Audi ayant supervisé le projet, à nos confrères d’Evo Magazine, il aurait fallu pouvoir abaisser le prix de revient des accumulateurs d’environ 50% pour rendre l’équation viable. “Nous ne sommes pas prêts à demander à nos clients de subventionner un projet comme celui-ci”, expliquait récemment Dürheimer. “Je pense que les actionnaires seront très contents de voir que nous n’en avons pas produit trop !”

Chez Daimler, on ne partage pas cet avis : la Mercedes SLS AMG Electric Drive est bel et bien commercialisée. Mais tenez vous bien : cette supercar 100% électrique est affichée… 420 000 € ! C’est le prix de deux SLS thermiques, mais aussi plus cher qu’une Ferrari F12berlinetta ou qu’une Lamborghini Aventador. Mais pour ce tarif, vous avez le droit à la belle peinture bleue !

Mercedes Benz SLS AMG Electric Drive

Mercedes Benz SLS AMG Electric Drive

Comme la R8 e-tron, la SLS AMG Electric Drive est un bijou high-tech. La coque a également été profondément revue, et s’articule – comme l’Audi – autour d’un noyau central en fibre de carbone accueillant les batteries. Mais la Mercedes va encore plus loin, en adoptant des suspensions avant à poussoirs (comme en F1 !) et… quatre roues motrices !

Quatre roues, quatre moteurs, pour une agilité maximale.

Quatre roues, quatre moteurs, pour une agilité maximale.

En l’occurrence, chaque essieu dispose de deux moteurs électriques reliés à une boîte de vitesses. Chaque moteur propulse une seule roue, ce qui permet de distribuer à la demande le couple individuellement roue par roue. Cette “vectorisation du couple” (torque vectoring) laisse ainsi la possibilité de mettre l’accent sur l’agilité ou au contraire la stabilité de la voiture, suivant les désirs du conducteur ou les conditions de roulage.

Mercedes Benz SLS AMG Electric Drive

Mercedes Benz SLS AMG Electric Drive

Cette débauche de technologie laisse pantois, tout comme les performances de la SLS AMG Electric Drive : ses 750 chevaux et 1 000 Nm (!) de couple la propulsent de 0 à 100 km/h en 3,9 secondes. Vitesse maxi ? 250 km/h. Comme la R8 e-tron, la SLS AMG ED est un vrai laboratoire roulant, l’alpha et l’oméga de la technologie électrique actuelle… une vraie supercar.

Mais elle a également des allures de monstre de foire : qui paiera 420 000 € pour une supercar aux performances finalement ordinaires et ne faisant aucun bruit mécanique ? Car une supercar n’est pas qu’une question de look et de technologie, c’est avant tout une histoire de frime. Et côté sex-appeal, l’électrique a encore du chemin à parcourir…

3 réflexions au sujet de « La supercar 100 % électrique a-t-elle un futur ? »

  1. Bonjour.

    Non, l’électricité ne peux pas remplacer le moteur à combustion.

    Une seule solution, l’hydrogène.
    Se référer aux sites Internet relatifs à cette énergie.

    Pour après demain matin !

  2. Ping : Mercedes-AMG voit l’avenir avec quatre roues motrices sur le blog Motorlegend Motorshift

  3. PSA envisage des énergies solides quasi non-poluantes pour 2030 ? Moteur électrique ou pas , mais probablement hybride et modulaire pour des véhicules légers à cycle de vie étendue ..
    La deuche du futur ?

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