Les coupés-cabriolets en voie de disparition ?

VW Golf Cabriolet : comme un retour aux sources

VW Golf Cabriolet : comme un retour aux sources

Volkswagen s’apprête à commercialiser la nouvelle Golf Cabriolet, que j’ai d’ores et déjà pu essayer (un essai à paraître bientôt sur Motorlegend). En conduisant cette découvrable dotée d’une classique capote en toile, je me suis interrogé : et si c’en était bien fini des coupés-cabriolets ? Car, à bien y regarder, ces derniers n’ont plus beaucoup d’arguments à faire valoir, et leurs défauts vont devenir de plus en plus handicapants à l’avenir…

Souvenez-vous, c’était en 1996 : Mercedes remettait le coupé-cabriolet au goût du jour avec son SLK R170 à hard-top escamotable électriquement. La recette paraît alors imparable : confort thermique et acoustique, protection contre le vandalisme, ligne préservée… le coupé-cabriolet a comme un goût de solution idéale. Seul le tarif, plutôt élitiste comme toujours chez Mercedes, vient tiédir l’enthousiasme. Un problème que réglera la Peugeot 206 CC, lancée en 2000. Mais là, le tableau commence à se gâter : pare-brise envahissant, malle massive, places arrière inutilisables : le concept du coupé-cabriolet avouerait-il déjà ses limites ?

Mercedes SLK R170 (1996)

Mercedes SLK R170 (1996)

“Que nenni !” répliquent les grands constructeurs, qui délaissent tous les cabriolets classiques au profit des coupés-cabriolets : en 2003, Peugeot double la mise avec sa 307 CC, suivi de près par Renault avec la Mégane II Coupé-Cabriolet; en 2006, Opel convertit à son tour son Astra aux vertus du toit rigide escamotable, tandis que Volkswagen lance son Eos. En 2007, c’est même BMW qui rejoint le peloton avec la Série 3 Coupé-cabriolet.

Peugeot 307 CC (2003)

Peugeot 307 CC (2003)

Mais certains font de la résistance : Mercedes comme Audi refusent l’architecture à toit rigide escamotable pour leurs cabriolets 4 places. En très haut de gamme, Aston Martin, Bentley, Jaguar, Lamborghini, Maserati, Porsche ou encore Rolls-Royce ne veulent pas non plus en entendre parler. D’abord parce que la mode du “CC” est très européenne : la clientèle nord-américaine n’en veut pas. Ensuite, parce que le critère de protection contre le vandalisme est paradoxalement moins critique sur ces modèles haut de gamme, généralement garés dans des environnements sécurisés. Enfin, parce qu’un toit rigide escamotable est pénalisant sur le plan du style, notamment sur les modèles à quatre places.

"Ma ? Oune toit rigide ? Ma perchè ?" (Lamborghini Gallardo Spyder)

“Ma ? Oune toit rigide ? Ma perchè ?” (Lamborghini Gallardo Spyder)

Reste que ce n’est pas leur manque d’élégance qui risque de condamner les coupés-cabriolets, mais plutôt… leur poids excessif. Avec sa capote en toile, la VW Golf Cabriolet pèse environ 120 kilos de moins que l’Eos équivalent. Dans ses versions haut de gamme diesel, une Renault Mégane Coupé-cabriolet dépasse carrément les 1 600 kilos à vide ! Or cet embonpoint devient insoutenable à l’heure où les constructeurs veulent alléger leurs autos pour en réduire la facture CO2.

De plus, il n’y a plus grand-chose à reprocher aux capotes en toile modernes. Ainsi, celle de la Golf se replie en moins de dix secondes, et ce même en roulant (jusqu’à 30 km/h maxi). Des prestations impossibles à fournir avec un lourd toit rigide escamotable. Quant à l’isolation thermique et phonique des capotes actuelles, elle est devenue irréprochable.

La VW Golf Cabriolet surprise en plein strip-tease

La VW Golf Cabriolet surprise en plein strip-tease

Dès lors, et à l’exception de modèles sportifs biplaces plutôt haut de gamme, la mode des coupés-cabriolets paraît bel et bien condamnée…

3 réflexions au sujet de « Les coupés-cabriolets en voie de disparition ? »

  1. “Reste que ce n’est pas leur manque d’élégance qui risque de condamner les coupés-cabriolets, mais plutôt… leur poids excessif.”

    Et pourtant, Ferrari annonce 25 kg d’économie sur la 458 Spider par rapport à une capote en toile… Dommage, s’il y a bien un modèle qui aurait pu se passer d’un toit en dur…

  2. Ces italiens sont trop forts : ils ont inventé un acier plus léger que le tissu ! 🙂

    Le plus triste avec cette 458 Spider, c’est que son toit escamotable supprime la belle vitrine qui permettait d’admirer la mécanique. Et ça, pour une Ferrari, c’est une faute de goût !

  3. Cette Ferrari n’est qu’une exception et les chiffres de ce constructeur sont souvent sujets à caution depuis ce qu’on a appris dernièrement

    Et si la solution n’était pas ce que propose Porsche sur la nouvelle 991, toit en toile mais rigide ? légèreté, ligne en configuration fermée, isolation, compacité repliée, tous les avantages !

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