T25 : une révolution signée Gordon Murray (1/2)

La T25 de Gordon Murray

La T25 de Gordon Murray

Nul besoin de présenter Gordon Murray, ingénieur de génie, pionnier de l’effet de sol en Formule 1 (chez Brabham), concepteur de la McLaren MP4/4 qui offrit trois championnats du monde à Ayrton Senna, auteur enfin de la plus légendaire supercar jamais conçue, la McLaren F1. Après toutes ces années dédiées à la compétition et la haute performance, Murray s’est réorienté il y a quelques années vers un projet radicalement différent. Son objectif ? Rien moins que de révolutionner la manière dont on conçoit et fabrique une voiture ! Le résultat ? La T25, une citadine radicale, compacte, abordable, intelligente et écologique.

C’est vrai, on pourrait penser Gordon Murray rangé des voitures. Après avoir conçu l’extraordinaire McLaren F1, supercar qui continue de faire référence vingt ans après, malgré l’arrivée de concurrentes plus récentes, plus rapides et plus puissantes, quel défi pouvait encore relever l’ingénieur britannique ?

Le chef d'oeuvre de Murray : la McLaren F1

Le chef d’oeuvre de Murray : la McLaren F1

Comme à son habitude, Murray débarque là où l’on ne l’attend pas : sur le segment des citadines ! Un domaine où les constructeurs ont pourtant innové ces dernières années : on pense évidemment à la Smart, ainsi qu’à la Toyota iQ. Sans parler de ces nombreuses citadines à la mode, stylées et parfois très chères, comme les Mini, Fiat 500, Citroën DS3… Chacune de ces autos prétend être la plus maniable, la plus écologique, la plus pratique. Et si elles avaient tout faux ?

Gordon Murray

Gordon Murray

La réponse de Gordon Murray est iconoclaste, à l’image de son inventeur. Elle s’appelle T25, et pourrait être le modèle sur lequel seront conçues toutes les citadines à l’avenir. Déjà, elle est minuscule : 2,40 m de long (29 cm de moins qu’une Smart !) pour 1,30 m de large. La T25 peut ainsi se garer face au trottoir, en n’occupant que le tiers d’une place de stationnement standard. Elle est également très légère : 575 kilos seulement. Et c’est là toute la clé de la réussite du projet.

La T25 de Gordon Murray

La T25 de Gordon Murray

Colin Chapman l’avait bien compris : le poids, voilà l’ennemi. Diminuer la masse d’une auto permet de réduire la taille des composants vitaux (châssis, suspensions, pneumatiques, moteur, boîte), ce qui génère de nouveaux gains de poids. Un cercle vertueux qui permet à la T25 de se contenter de roues minuscules et d’un moteur 3 cylindres de 660 cm3 et 51 ch (86 g/km de CO2).

La taille de la T25, comparée aux : VW Golf, Fiat 500, Smart Fortwo et Mini.

La taille de la T25, comparée aux : VW Golf, Fiat 500, Smart Fortwo et Mini.

Comment un tel exploit est possible ? Pas avec de la fibre de carbone, bien trop coûteuse pour un tel projet, mais avec de la… “fibre de Gordon” ! Elle se compose d’un sandwich de panneaux de plastique recyclés encadrant une âme en fibres de papier… également recyclé. L’ensemble est léger, mais suffisamment solide pour être utilisé pour des panneaux ayant une importance structurelle (comme le plancher). L’essentiel de la rigidité est cependant confiée à un banal châssis tubulaire de conception basique, qui coûte moins de 100 € à fabriquer. La T25 est donc à la fois économique et écologique de part sa conception.

Malgré sa légèreté, et grâce à sa structure originale, la T25 passe tous les crash-tests.

Malgré sa légèreté, et grâce à sa structure originale, la T25 passe tous les crash-tests.

Après, c’est vrai, de part ses proportions inusitées, la T25 n’est pas belle. Elle est mieux que ça : ingénieuse. Comme l’emplacement de ses sièges, trois places en triangle avec le conducteur en position avancée, comme un clin d’oeil à la McLaren F1. Une disposition qui permet de loger un maximum de monde dans un minimum de place, mais qui permet également de s’affranchir des problèmes de conduite à gauche ou à droite. Le moteur est situé à l’arrière, au ras du sol afin d’abaisser le centre de gravité. Pour accéder à l’habitacle, on bascule toute la partie antérieure de la carrosserie vers l’avant, ce qui permet de monter à bord même si l’espace est compté aux abords de l’auto.

Le conducteur est installé au milieu... comme dans une McLaren F1 !

Le conducteur est installé au milieu… comme dans une McLaren F1 !

Il faut enfin noter que si la T25 est propulsée par un moteur thermique, l’architecture est suffisamment souple pour accepter d’autres motorisations. Gordon Murray a d’ailleurs développé une T27 électrique. Mais le projet T25, ce n’est pas seulement une voiture : c’est aussi un processus de fabrication en rupture totale. Mais j’y reviendrai dans mon prochain billet ! 😉

14 réflexions au sujet de « T25 : une révolution signée Gordon Murray (1/2) »

  1. A quand sa commercialisation?
    C’est vrai qu’elle semble géniale avec un avenir certain devant elle.
    En tant que motard, je n’utilise ma voiture que pour certains petits déplacements avec ma compagne et mon fils en bas âge tel que les courses ou balade en ville à trois. Pour le reste, seul ou à deux, je fais beaucoup avec ma moto.

  2. Bonjour !

    La voiture n’a pas encore de date de commercialisation officielle. Gordon Murray n’a en effet pas l’intention de produire l’auto lui-même, mais veut vendre la licence de l’auto et de son procédé de fabrication.

    Je vous tiendrai au courant de l’évolution du projet 🙂

  3. Très intéressant comme concept.
    Par contre, je me vois mal un jour de pluie battante (comme ces derniers jours), ou lorsqu’il a neigé, avec de la pluie ou de la neige dans l’habitacle..

  4. Bonjour,
    Ce concept est effectivement intéressant mais vieux déjà de 5 ans… j’espère qu’il a évolué dans le bon sens entretemps !
    Les mini-roues c’est bien pour le poids mais mauvais pour la tenue de route et surtout pour le confort ! Voyez un scooter contre une moto : les trous et bosses sont une horreur en scoot ! Alors les bordures de trottoir !!!
    L’esthétique pourrait être nettement améliorée : j’ai moi-même dessiné un concept équivalent mû à l’électrique bien plus attrayant en utilisant les mêmes principes… il y’a plus de 30 ans !!! (Génération Michel Vaillant) Jean Graton m’ayant apparemment mieux inspiré que Gordon… sauf pour la bière… mais bon !
    Pour répondre à Laurent, la neige sera bien plus effrayante sur la route à cause des petites roues et il est encore possible de prévoir un toit escamotable à l’ouverture 😉

  5. Ping : T25 : une révolution signée Gordon Murray (2/2) sur le blog Motorlegend Motorshift

  6. Faux voir ,Murray et Chapman une affaire a suivre .
    Un modele sportif peut etre . Pour l esprit lotus seven en kit , super pour moi !
    Enfin un peux de personnalite . . .
    Cordialement

  7. C’est depuis toujours que les voitures artisanales sont vendues aussi en kit en Angleterre
    et c’est depuis toujours que ça n’a jamais été homologable en Europe
    Ca changera pas faut redescendre sur terre

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