L’info trafic fait sa révolution

"Papa, c'est quand qu'on arrive ?!" (phoho CC Flickr/besopha)

“Papa, c’est quand qu’on arrive ?!” (phoho CC Flickr/besopha)

Je vous avais parlé voici quelques mois des recherches de Honda autour d’un assistant anti-bouchons. Une technologie certes prometteuse, mais qui ne sera pas déployée à grande échelle avant longtemps. En attendant, de nouvelles technologies d’information trafic permettent d’éviter le gros des bouchons et de répartir au mieux la circulation sur les différents axes. Et ces technologies ne sont pas toutes réservées aux heureux propriétaires d’autos dernier cri !

L’automobile fut d’abord un loisir pour mécaniciens débrouillards, avant de devenir un outil de travail doublé d’un instrument de liberté. Mais au lendemain de la guerre, le parc s’est développé de façon accélérée, comme en témoigne le graphique ci-dessous.

Évolution du parc automobile français depuis 1900 (source : Wikipedia)

Évolution du parc automobile français depuis 1900 (source : Wikipedia)

L’accroissement du parc automobile s’est logiquement accompagné d’une augmentation équivalente du trafic. Le problème a pris de l’ampleur dès les années 1960, incitant même le cinéaste Jacques Tati à l’évoquer dans son  film Playtime (1967), avec la scène restée fameuse du rond-point “manège” :

http://www.youtube.com/watch?v=GYjC3Tu9BBM

Très vite, il a donc fallu trouver des solutions pour éviter ces embouteillages. Dans un premier temps, il fallait se contenter des flashes à la radio, dont ceux du regretté Richard Fenwick, qui survolait la région parisienne en hélico et venait abreuver de conseils les auditeurs d’Europe 2.

Dans les années 90 apparut la technologie RDS, qui permettait de diffuser des données numériques sur la bande FM. Initialement, le service se contentait d’afficher en clair le nom de la station sur l’autoradio, mais il fut rapidement enrichi par le Traffic Message Channel (TMC), un système rudimentaire de transmission d’informations trafic. Limité par la quantité de données pouvant passer par ce canal (37 bits de données envoyés une à trois fois par seconde !), le TMC ne donne que des positions géographiques approximatives, mais il a permis d’offrir aux GPS les premières fonctions de navigation avec information trafic.

Un GPS intégré Peugeot avec infotrafic par TMC

Un GPS intégré Peugeot avec infotrafic par TMC

L’arrivée des connexions haut débit mobile a cependant changé la donne. Les smartphones dotés de l’application Google Maps permettent ainsi de consulter une information trafic plus détaillée, basée sur des données fournies par un consortium de sociétés d’autoroute, Autoroutes Trafic. Il n’en reste pas moins que la collecte de ces données nécessite des infrastructures lourdes et coûteuses : boucles magnétiques noyées dans la chaussée, caméras analysant le trafic ou tout simplement rapports des services de police. Du coup, seuls les axes principaux sont concernés par ces systèmes d’info trafic. Mais pour détecter une petite rue paralysée par un camion de livraison mal garé, il faut une rupture technologique. Et elle arrive !

L'Île-de-France compte pas moins de 6 000 boucles magnétiques incrustées dans la chaussée, qui comptent le nombre de véhicules par heure.

L’Île-de-France compte pas moins de 6 000 boucles magnétiques incrustées dans la chaussée, qui comptent le nombre de véhicules par heure.

Certains développeurs ont déjà mis au point des outils plus ou moins collaboratifs, qui permettent à chaque utilisateur de partager avec les autres sa position et sa vitesse à l’instant T. Lorsque l’outil possède plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs, il permet de dresser une cartographie assez précise de la congestion. C’est le cas de certains GPS nomades (comme les TomTom dotés du HD Traffic), mais aussi d’applications mobiles comme Waze.

L'application GPS collaborative Waze

L’application GPS collaborative Waze

Mais une nouvelle technologie est en train d’émerger, poussée par les opérateurs télécoms : le Floating Car Data (FCD). Ce système part du constat que tous les automobilistes (ou presque !) disposent d’un téléphone mobile. Lequel communique en permanence avec le réseau de l’opérateur pour rester connecté. Les données ainsi échangées représente un flot considérable, que les opérateurs sont capables de géolocaliser par triangulation. En faisant “mouliner” de gros ordinateurs sur ces données de vitesse et de position, il devient possible de dresser une carte du trafic ultra-précise !

La technologie n’en est encore qu’à ses débuts, les algorithmes devant notamment parvenir faire la distinction entre un abonné circulant en voiture et un autre installé à bord… d’un train. Mais une fois ces difficultés techniques levées, les systèmes de navigation équipés de l’info trafic FCD seront de redoutables armes antibouchons !

Photo CC Yardley/Flickr

Photo CC Yardley/Flickr

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