La technologie antibouchons de Honda

"Papa, c'est quand qu'on arrive ?!" (phoho CC Flickr/besopha)

« Papa, c’est quand qu’on arrive ?! » (photo CC Flickr/besopha)

Alors que plus de la moitié de l’humanité vit désormais dans les centres urbains et que le taux d’équipement en automobiles augmente dans les pays en développement, la problématique de la congestion du trafic devient un problème mondial. Mais c’est aussi un problème incroyablement complexe et difficile à résoudre, les scientifiques peinant encore à concevoir des modèles mathématiques convaincants pour simuler la « physique des bouchons ». Honda apporte sa modeste pierre à l’édifice, en mettant au point une aide à la conduite qui, si elle se répandait, permettrait de fluidifier le trafic.

Ils nous agacent, ces bouchons ! Incontournables dans les grandes villes, ils nous énervent, nous font perdre notre temps et nous épuisent. Mais ils ont également un coût pour l’environnement, sous forme d’émissions de gaz à effet de serre et de gaspillage de carburant. Au niveau mondial, le problème est d’une acuité extrême : il y a dix ans, le Texas Transportation Institute avait déjà calculé que, sur une seule année, les bouchons des 75 plus grandes villes des États-Unis entraînaient 67,5 milliards de dollars de pertes de productivité (0,7 % du PIB du pays !) et le gaspillage de 21,6 milliards de litres d’essence. Bref, il faut trouver des solutions pour réduire (voire supprimer !) les bouchons.

Mais pour traiter un phénomène comme celui-là, encore faut-il le comprendre et le modéliser. En la matière, les scientifiques s’arrachent les cheveux depuis des années pour trouver un modèle qui permette de simuler un flux de trafic, en se basant notamment sur des principes de la mécanique des fluides, en faisant l’analogie entre le trafic routier et un liquide s’écoulant dans un tuyau. Ils s’amusent même à développer des applications assez ludiques pour tenter d’y voir plus clair, comme ce simulateur de trafic allemand.

Ça bouchonne ! (détail d'un simulateur de trafic)

Ça bouchonne ! (détail d’un simulateur de trafic)

Un phénomène ressort de ces analyses, bien connu des météorologues et des physiciens du chaos sous le nom d’effet papillon : dans un flux de trafic continu et régulier, une petite perturbation générée par un seul véhicule (coup de frein inattendu, changement de file brutal…) peut générer des perturbations en chaîne dans le flux, qui finissent par dégénérer en un embouteillage massif. D’où la nécessité de réguler au maximum la conduite des automobilistes, afin d’éviter d’amplifier ces perturbations.

C’est sur ce sujet que Honda travaille et mène en ce moment des tests en conditions réelles en Italie et en Indonésie. Le système est tout bête : l’électronique de la voiture analyse en permanence les accélérations et décélérations de la voiture, et détermine si ce profil de conduite est susceptible ou non de générer des embouteillages en perturbant le trafic en amont. Le résultats de ces calculs s’affiche au tableau de bord sous la forme de codes couleur, incitant l’automobiliste à adopter une conduite plus coulée.

Le principe du système "antibouchons" de Honda

Le principe du système « antibouchons » de Honda

Lors d’une étude conjointe avec l’Université de Tokyo, Honda a déterminé que ce système permettait une augmentation d’environ 23% de la vitesse moyenne du flux de trafic, et une baisse de la consommation de 8% pour les véhicules en amont de l’auto équipée. Le tout sans lourds travaux d’infrastructure ni coûteux équipements technologiques : juste une puce électronique !

8 réflexions au sujet de « La technologie antibouchons de Honda »

  1. Bonjour,

    meme sans cette puce, on a tous remarqué qu’une conduite coulée, et une anticipation permet de fluidifié le traffic. le probleme, dans les grandes villes, c’est l’incivilitée qui fait que dès que l’on laisse une distance devant soi pour anticiper, il y aura tjs quelqu’un pour prendre la place.

  2. Comme honda qui apporte sa pierre à l’édifice j’apporte la mienne : mais au lieu de traiter les conséquences du bouchons, ne faudrait il pas s’atteler à la cause ??? Du coup si vous voulez supprimer les bouchons, supprimez les voitures ! pas besoin d’avoir fait 10 ans d’études pour se rendre compte que tant qu’il y aura des voitures…………. y’aura des bouchons !

  3. L’aide apportée par cette technologie n’est pas à négliger; je peux déjà constater l’apport de la technologie GPS qui permet quelquefois d’éviter de longues minutes dans les bouchons quand il y a un itinéraire possible pour les éviter. Toutefois, une des solutions serait de mieux répartir les locaux professionnels sur tout le territoire; il y a des activités qui peuvent s’exercer dans un tas d’endroits sans pénaliser les entreprises qui ont tendance à trop centraliser, quitte à faire déplacer les collaborateurs de toute la France pour des formations en région parisienne alors que géographiquement, ce n’est pas tout à fait le centre de la France

  4. Réduire les bouchons est un rêve depuis que l’automobile ne cesse de croitre sur les routes. Mais au lieu de s’attaquer aux conséquences comme pour tout phénomène, ne vaudrait il mieux pas s’attaquer aux causes ?
    Les entrées de villes aux longues avenues dont les feux se mettent au rouge tous les 100m, empêchant le trafic de se fluidifier.
    Les grands axes se terminant par des voies rétrécies pour aboutir dans des villes déjà congestionnées pour les causes citées ci dessus.
    Les bretelles de sortie de ces mêmes grands axes dont les voies sont souvent réduites à une ou deux voies pour débiter une 4 ou 5 voies…bretelles débouchant dans les mêmes avenues congestionnées à cause des feux ralentissant le flux..
    Ce ne sont que des exemples, mais je pense que si tout le monde s’y mettait on réduirait grandement les bouchons qui ne devraient pas être si certaines personnes pensaient avant de créer des routes et des accès.
    Un autre facteur est à retenir également..l’humain..si il ne rêvassait pas au volant ne voyant que son petit monde autour de lui, Cad sa voiture..le trafic serait bien plus fluide, car quand je vois le temps de réaction d’une majorité au redémarrage , je me dis que ces secondes perdues seraient mieux utilisées .
    De plus depuis l’arrivée des mobiles et autres artifices de cerveau, l’attention n’est plus à la route, mais aux SMS et autres conversations qui ne devraient pas exister quand on est au volant.
    Mais que volez vous, l’humain est égocentrique, ce qui n’est pas dans son quotidien immédiat n’existe pas..

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