Mercedes invente la voiture hybride intelligente

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

L’écoconduite, vous connaissez ? C’est l’art d’anticiper au maximum afin d’abaisser sa consommation en évitant les freinages tardifs et les brusques remises de gaz. Avec votre entreprise, vous avez peut-être déjà effectué des stages vous initiant aux rudiments de cette méthode. Et bien figurez vous que les voitures vont désormais apprendre elles aussi l’écoconduite ! Surtout les hybrides rechargeables, qui doivent gérer le plus finement possible l’utilisation de leur batterie afin de consommer le moins de carburant possible. Dans ce domaine, Mercedes a dévoilé des systèmes pour le moins originaux…

Les hybrides classiques disposent d’une batterie – généralement de type NiMH – à la capacité réduite (1,4 kWh dans le cas d’une Toyota Prius). Chargée à bloc, elle permet de faire à peine 2 ou 3 kilomètres en mode purement électrique, et encore, en ayant le pied très léger. D’un autre côté, elle se recharge aussi très rapidement : une descente, et c’est fait. La stratégie d’utilisation de cette puissance électrique est donc de peu d’importance.

Recharger cette hybride prend entre deux et quatre heures.

Recharger cette hybride prend entre deux et quatre heures.

En revanche, le cas est différent avec les hybrides rechargeables, dotées de batteries lithium-ion à la capacité supérieure (de 5 à 9 kWh) : il devient alors possible de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres grâce à l’énergie électrique, mais la recharge est également plus longue (plusieurs heures sur une prise domestique). La gestion de la charge électrique est alors cruciale si l’on veut exploiter au mieux le binôme moteur thermique-moteur électrique dans l’optique de consommer le moins de carburant possible, et d’utiliser prioritairement l’énergie électrique là où elle est la plus utile, c’est à dire en ville et à basse vitesse.

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

Mercedes l’a bien compris, et a choisi, pour sa première application de la technologie hybride rechargeable, sa grande Classe S. Certes, la S 500 L Plug-in Hybrid n’est du coup pas franchement à la portée de toutes les bourses (122 800 € !), mais un véhicule de ce niveau de gamme embarque toute une armada technologique qui peut contribuer à optimiser l’exploitation de la batterie d’une capacité de 8,7 kWh, laquelle permet d’effectuer jusqu’à 33 km en mode purement électrique (vitesse maxi dans cette configuration : 140 km/h).

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

En l’occurrence, la Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid apporte quatre innovations intéressantes :

  • la prise en compte du relief, que j’avais déjà évoqué dans un précédent billet. La cartographie du GPS inclut des informations sur le relief. Du coup, sur la base de ces données, la voiture n’hésite pas à vider la batterie aux abords d’une côte pour soulager le moteur thermique, sachant qu’elle pourra récupérer un maximum d’énergie dans la descente qui suit.

    Vider la batterie dans la côte, pour mieux la recharger dans la descente qui suit.

    Vider la batterie dans la côte, pour mieux la recharger dans la descente qui suit.

  • la pédale d’accélérateur active. Elle peut envoyer de discrètes impulsions afin de suggérer au conducteur de lever le pied par anticipation. C’est le cas, par exemple, si le radar normalement utilisé par le régulateur de vitesse détecte que l’on rattrape un véhicule plus lent.

    Ça vous chatouille sous le pied droit ? C'est la pédale d'accélérateur active !

    Ça vous chatouille sous le pied droit ? C’est la pédale d’accélérateur active !

  • la récupération d’énergie assistée par radar. Le radar du régulateur de vitesse actif scanne la voie devant vous. Si aucun véhicule ne se trouve à proximité, le groupe hybride passe en mode roue libre, afin de profiter au maximum de l’élan. À l’inverse, si l’on rattrape un véhicule plus lent, le système se remet en prise et la récupération d’énergie est maximisée (frein moteur). Ce seul système permet, selon Mercedes, un gain de 3 à 5 % en consommation.
  • adaptation de la stratégie hybride selon le parcours. En se fiant au trajet calculé par le GPS, la voiture choisit le mode hybride le plus adapté à un instant donné. Elle peut ainsi privilégier le moteur thermique dans une portion interurbaine à vitesse rapide, rechargeant ainsi la batterie en prévision de la partie urbaine qui va suivre, où la priorité sera au contraire donnée à la propulsion électrique.

    Grâce au GPS, la voiture connaît à l'avance le profil du trajet et peut adapter sa stratégie hybride en fonction.

    Grâce au GPS, la voiture connaît à l’avance le profil du trajet et peut adapter sa stratégie hybride en fonction.

Seul problème : si ces technologies sont utiles pour abaisser la consommation dans la vie réelle, elles sont sans effet sur le très théorique cycle d’homologation européen NEDC. Résultat, la Mercedes S 500 L Plug-in Hybride annonce 65 g/km de CO2. Un chiffre plus qu’honorable pour une limousine revendiquant 442 chevaux, capable d’accélérer de 0 à 100 km/h en 5,2 secondes, et dépassant largement les 5 mètres de long. Mais insuffisant pour décrocher en France un bonus écologique digne de ce nom (il faut descendre à 60 g/km ou moins pour prétendre aux 4 000 € de primes). C’était pourtant bien essayé !

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

Mercedes S 500 L Plug-in Hybrid

3 réflexions au sujet de « Mercedes invente la voiture hybride intelligente »

  1. Mercedes “invente” pas sur…
    A titre d’information ce système de gestion intelligente de la gestion de l’énergie indexée sur la cartographie GPS sur une hybride existe déjà depuis presque deux ans sur toute les BMW ActiveHybrid (Série 3, 5 et 7).
    Comme d’habitude il y a ceux qui “inventent” et ceux qui communiquent…mais dans un monde de communication il vaut mieux visiblement mettre les budgets dans la com !!
    Cordialement

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